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Années 80 : La Communauté Fan des 80's !!!

Années 80 : La Communauté Fan des 80's !!!

Années 80 : Venez prendre un petit coup de vieux dans notre bienfaisante Communauté ! extraits télé, pages de pub, jouets, sucreries, produits disparus, clips videos, portraits 80's des membres et bien d'autres tonnes de surprises ! ! ! :)

Le synthétiseur par Franck ! :)


Devant la sollicitation d’un membre éminent de notre belle communauté, je viens vous proposer un sujet  dont il sera difficile de faire le tour tant il est dense. Je vais toutefois essayer de relever le défi  parce que c’est un sujet qui me tient particulièrement à cœur.

Il s’agit en effet de vous parler des synthétiseurs, dont on sait combien ils ont marqué notre génération, bien qu’étant apparus –pour les premiers-  bien avant notre décennie de prédilection.

Je pense ne pas faire erreur en disant que pas un de nos artistes favoris de l’époque, et même encore aujourd’hui n’a su, ou ne sait s’en passer totalement.  De même pas une musique d’un générique de nos dessins animés préférés n’y a pas fait appel. On peut comparer ce phénomène à celui lié à l’apparition des guitares électriques des années 55-60.

En outre, sans crainte d’aller trop loin, j’irai même jusqu’à affirmer que la créativité musicale que l’on souligne régulièrement à l’écoute des musiques des années 70 /80 est en grande partie due à l’émergence des synthés. Un outil nouveau, des sons jusqu’alors jamais entendus, les artistes se retrouvaient tels des enfants devant un « jouet » révolutionnaire (et souvent hors de prix) et un besoin  d’expérimentations nouvelles, et l’auditeur quant à lui était curieux d’écouter des sonorités jusqu’alors inconnues.

Le synthétiseur était finalement à la musique, ce que la console vidéo a été quasi simultanément   pour le jouet :  Un instrument révolutionnaire qui permettait à son utilisateur de dépasser des limites jusqu’alors infranchissables voire tout simplement inconcevables. Un appareil souvent addictif, source de création, et d’évasion… tout comme la console.

 

D’un point de vue historique, des expérimentations plus ou moins farfelues  ont été réalisées avec les réseaux téléphoniques dés 1874. Toutefois l’usage des procédés alors testés était extrêmement limité, et si l’on peut penser qu’ils ont « fécondé » la synthèse sonore, on peut considérer que le premier synthétiseur de l’histoire remonte à 1917.

C’est le russe Lev Teremin qui cette année invente le Theremin. Il s’agit d’un instrument, assez particulier qui ne comporte pas de clavier, mais qui est doté de deux antennes qui sont sensibles à la position des mains et au rayonnement électromagnétique de celles-ci. Pour faire dans le détail, une main permet de « piloter » la hauteur du son, tandis que l’autre permet de gérer le volume. Ce sont deux oscillateurs travaillant à très hautes fréquences qui produisent le son.

Cet instrument demeure peu courant mais est encore utilisé, et même construit à l’heure actuelle. C’est lui qui produit les "chœurs" dans le morceau Good Vibrations de Brian Wilson (Beach Boys).

 

L’utilisation « régulière » des synthétiseurs a débuté à la toute fin des années 60, avec le Minimoog , du nom de son inventeur Robert Moog. Il s’agissait de synthétiseurs analogiques en opposition aux synthés numériques actuels (j’y reviendrais).

Le Minimoog était alors reconnaissable grâce à ses sons chauds et puissants et ses  filtres extraordinaires qui permettaient de faire muter le son pendant le jeu. Wendy Carlos, Tomita, The Beatles, et plus récemment Massive Attack l’ont largement utilisé.


Dans le même temps le VCS3 (pour Voltage Controlled Synthesizer with 3 oscillators) a fait son apparition. Là encore une version sans clavier a d’abord vu le jour. Il s’agissait d’un petit appareil muni d’une matrice telle que celle que l’on connaît dans les jeux de batailles navales, et d’un joystick.

Le changement de positions des plots sur la matrice permettait de modifier la connexion des modules entre eux,  et le mouvement du joystick modifiait le son. Ce synthé permettait de créer des effets sonores et autres bruitages. On entend ces sons, entre autres  dans les albums Dark Side of the Moon de Pink Floyd, et sur l’album Oxygene de Jean Michel Jarre.

Pour info, le prix moyen de ce synthé mythique est de l’ordre de 5000€ sur le marché de l’occasion. Une firme britannique a tenté de relancer sa commercialisation, mais les composants  n’étaient plus les mêmes, et le son s’en est trouvé affecté, du coup les ventes ont été bloquées…

Le début des années 70 a été très prolifique avec l’arrivée sur le devant de la scène du premier échantillonneur : le Mellotron.

Un échantillonneur est un instrument qui permet d’enregistrer des sons existants et de les reproduire à la demande grâce aux touches du clavier, et éventuellement de les modifier.

Le Mellotron qui en fait datait des années 60 fonctionnait avec des bandes magnétiques qui étaient lues dés lors que l’une des touches du clavier était enfoncée. La durée de lecture de la bande était, au maximum,  de huit secondes.

Lorsque la touche était relâchée, un ingénieux système ramenait très rapidement la bande à sa position initiale. Le principe des bandes magnétiques avait pour avantage de pouvoir appliquer un son différent par touche.

La listes des artistes ayant utilisé le Mellotron est assez impressionnante, avec pêle-mêle les Rolling Stones, les Beatles, Pink Floyd, JM Jarre, M. Polnareff, Led Zeppelin, OMD, Genesis, et j’en passe…

Aujourd’hui encore, le Mellotron est toujours utilisé par quelques inconditionnels tels que Oasis, Radiohead, Louis Bertignac, et d’autres…

Depeche Mode, groupe 80 par excellence est passé maître dans l’art de l’échantillonnage. C’est pour ainsi dire leur marque de fabrique. Toutefois, d’autres formations les ont précédés telles que OMD, eux aussi fervents utilisateurs d’outils électroniques. L’échantillonnage ou sampling permet de reproduire des échantillons de son réels, allant de sons d’instruments  acoustiques à n’importe quel son que l’on pourrait entendre (animaux, véhicule, voix, etc.). Le son, une fois enregistré peut être restitué à loisir, et même modifié. Parmi les samplers numériques, le Fairlight, et l’un des plus connus et luxueux. L’édition des sons se faisait à l’aide d’un écran et d’un stylet qui permettaient de travailler directement sur l’onde sonore.

 

Toutefois, dans le monde merveilleux de la synthé sonore, et jusqu’au tout début des années 80 plusieurs problèmes se posaient aux musiciens qui utilisaient des synthétiseurs. Certains modèles étaient peu fiables, voire même limite dangereux, avec pour certains un risque d’incendie car ils chauffaient beaucoup. D’autres avaient tendance à avoir des réglages qui ne « tenaient » pas sur la durée. Ainsi le son se modifiait de lui même sans que l’utilisateur l’ait souhaité.

Autre problème de taille : l’encombrement de certaines machines. Ainsi la compagnie britannique EMS à conçut le synthi 100  qui regroupait plusieurs synthés en 1, un séquenceur numérique, des reverbs, ainsi qu’un vocoder et une table de mixage. Peu de personnes ont eu les moyens d’en acquérir, le premier problème étant lié à l’encombrement de la « chose ». En général, EMS venait et montait le synthé dans une pièce spécialement étudiée pour le recevoir. Impossible ensuite de le démonter en vue d’un éventuel déménagement… le second problème était, vous vous en doutez, d’ordre financier. Finalement, il n’y a guère que les laboratoires de recherches musicales qui en ont acqui.



Enfin, un autre problème se posait quant au manque de mémoire que comprenaient alors ces appareils. En effet, lorsque le musicien avait obtenu le son souhaité il lui était parfois impossible de le stocker, ou alors dans des conditions limitées (pas plus d’une dizaine de sons pour certaines machines…) Dans le meilleur des cas, il ne lui restait qu’à retranscrire patiemment sur un bout de papier chacun des réglages, et de les réappliquer en cas de besoin… c’était long et fastidieux, et puis sans compter que les synthés de cette époque étaient capricieux et refusaient parfois de répondre deux fois de la même manière avec pourtant, un réglage identique. Dans une performance live ceci était un véritable handicap. Du coup, il n’était pas rare de voir sur scène plusieurs synthés identiques avec pour chacun un paramétrage spécifique pour tel ou tel son.

Bref, les musiciens de cette époque travaillaient avec de véritables usines à gaz et les « prises de tête » étaient monnaie courante. C’était le prix à payer pour utiliser les synthés analogiques.

Mais au fait qu’est-ce qu’un synthé analogique au contraire d’un synthé numérique ?

La différence, bien que fondamentale, est finalement assez simple à saisir : Pour un instrument analogique il s'agit de synthétiseurs basés uniquement sur des composants électroniques dits « analogiques » tels que des transistors, des diodes, des condensateurs, des résistances etc. Dans les années 70 à 80 on ne connaissait pas autre chose (en tout cas dans le domaine des synthés et de la musique en général).


Les signaux envoyés ne sont que des tensions électriques et ce sont les variations de tension le plus souvent entre 0 et 5 Volts qui génèrent finalement un son. Une variation de cette tension modifie le signal, et affecte donc la stabilité et les caractéristiques du son.


C'est le principal inconvénient de ces synthétiseurs pour lesquels les conditions externes (température, humidité...) ont un impact sur les composants électroniques et la stabilité des signaux ; il est donc nécessaire de les accorder régulièrement.

Malgré ces inconvénients, beaucoup de musiciens apprécient de travailler avec les synthés analogiques parce que finalement ce sont eux qui, de par leur défauts, se rapprochent le plus des instruments acoustiques.

 

Les synthés numériques, apparus par la suite fonctionnent différemment. Ils ont vu le jour au début des années 80 et sont basés sur les technologies que l'on retrouve maintenant partout (microprocesseurs, mémoires RAM, ROM...) et nées avec le développement de la micro-informatique sur la même période.


Comme tout système électronique, l'information reste basée sur des signaux électriques mais la différence est que ce n'est plus directement le signal électrique qui est utilisé ; en fait, numérique signifie que le signal est codé en une suite de 0 et de 1 (c'est ce qu'on appel le code binaire), 0 correspondant à une tension de 0 volt et 1 correspondant par exemple à une tension de 5 volts. C'est cette "suite de 0 et de 1" qui correspond au signal.


L’avantage des synthés numériques c’est que l'instabilité de la tension électrique n'est plus un handicap. Car même si on a 0,5 volt au lieu de 0 volt, le système considère que cela correspond au code binaire 0. De la même façon, si on a 4,5 volts au lieu de 5 volts, le système va considérer que cela correspond au code binaire 1.Donc, les faibles variations de la tension électrique n'affectent finalement pas le code numérique correspondant à une suite de 0 et de 1. Le signal n'est plus affecté par les conditions externes et reste stable dans le temps.


Si on effectue les mêmes réglages à plusieurs jours d'intervalle, on aura exactement le même son ce qui n’est pas le cas avec les appareils analogiques.

Par conséquent, l’arrivée du numérique a permis de résoudre de nombreux problèmes : encombrement réduit, mémoire plus importante… et communication des instruments les uns avec les autres avec l’apparition de la norme « MIDI » pour Musical Instrument Digital Interface. Ainsi, il est possible de jouer depuis un synthé les sons d’un autre synthé qui lui est relié, ou bien il est possible de relier un synthé à un ordinateur, ou une batterie électronique, etc.


Le synthé qui a marqué cette génération est sans aucun doute le Yamaha DX7 qui a vu le jour en 1983. Avec plus de 180 000 exemplaires fabriqués il était partout, tant dans les clips que sur scène. Il utilisait une technologie à modulation de fréquence, qui lui permettait d’imiter à merveille (pour l’époque) des sons d’instruments acoustiques.


Aujourd’hui encore de nouvelles déclinaisons sont produites. Le gros inconvénient de ces synthés, c’est qu’ils visaient pour la plupart à reproduire des sons existants, et non plus des sons issus de l’imagination du musicien. L’avantage, c’est qu’avec un seul clavier, il devenait possible de remplacer tout un orchestre… à moindre coût !


Autre problème : le caractère trop mathématique, voir informatique de ces appareils qui les rendaient moins ergonomiques que leurs ancêtres. En effet, tandis que pour modifier un son sur un clavier analogique il suffisait d’appuyer sur l’un des multiples boutons, ou de tourner l’un des nombreux potentiomètres, avec les synthés numériques, il faut passer par des menus, des sous menus, et des arborescences multiples accessibles via quelques boutons, et un écran de contrôle, chosequi finalement rendaient les synthés numériques moins « sensuels » que leurs aînés analogiques.


Après de longues années, et de nombreuses sorties de modèles à l’utilisation peu pratique, les fabricants ont enfin compris que tout en gardant la fiabilité numérique, il fallait retrouver l’agrément qu’apportait l’analogique. Ainsi en 1991 sont réapparus des claviers contrôlables en temps réel avec de nouveaux panneaux de commandes évolués et de type analogique.

 

Aujourd’hui, avec l’avènement de la techno, les musiciens recherchent de nouveau la chaleur sonore de l’analogique. Certains de ces anciens claviers se vendent même à prix d’or sur le marché de l’occasion . Mais des éditeurs informatiques ont trouvé une solution bien plus économique et nettement plus radicale consistant à modéliser les synthétiseurs sous forme logicielle.

Ainsi, aujourd’hui on trouve sur le marché, et depuis de nombreuses années déjà, des synthétiseurs virtuels qu’il suffit d’installer sur son ordinateur et que l’on peut « piloter » soit à l’aide d’un clavier de commande, ou bien à la souris, ou bien même directement via le clavier de l’ordinateur. De cette manière et pour un coût relativement modéré, le musicien lambda peut jouer sur des modélisations d’instruments mythiques tels que les Moog. En conséquence, les anciens synthés qui ont eu leurs heures de gloire dans le milieu des années 70 retrouvent-ils de la voix à travers un « simple » logiciel…


Enfin, Il est aussi possible de faire du sampling directement sur l’ordinateur, et même, à condition d’avoir du bon matériel, de produire un Cd complet sur son PC ou son Mac.




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