Le
tribunal des flagrants délires….. Pour une fois, j’aurais aimé y être allé à celui-là.
De septembre 1980 à juin 1983, mes parents étaient scotchés devant la radio (une fois n’est pas coutume, et oui, la mire sur le petit écran l’après midi, certains n’ont pas connu ça) pour écouter
les réquisitoires de la défense et de l’accusation de ce tribunal particulier, avec robes, juge, greffier, jurés, public et tout le tintouin….
On y trouvait une joyeuse bande d’huluberlus en robes, qui jugeaient des personnalités en direct sur France Inter. C’était diffusé dans toute l’Europe francophone avec une fréquence moyenne d’une
fois par semaine. Toutefois les programmations étaient tout, sauf régulières. Il fallait bien noter le prochain rendez-vous dans son petit calepin avec son petit stylo et oui les organnizeuuures
et autres bidouilles consommatrices d’électrons n’existaient pas…. (C’est quoi un électron ? ben c’est un gluon m’enfin, demandez à Grouchat de téléchat il vous le dira).
Ce tribunal d’exception était présidé par le « juge » Claude Villiers, écrivain journaliste et animateur de radio. Un monsieur très sérieux qui savais se dérider pour l’occasion :)
Le procureur de l’accusation était, notre cher comique disparu en 1988, Pierre
Desproges, avec son humour inimitable (et toujours inimité depuis…) au vitriol. Même gamin avec ma compréhension limitée j’adorais. Il débutait systématiquement ses réquisitoires par des phrases
devenues célèbres : « Françaises, Français. Belges, Belges, mon président, mon chien, monsieur l'avocat le plus « bas d'Inter », mesdames et messieurs les jurés
et public chéri mon amour » et « Bonjour ma colère, salut ma hargne et mon courroux, coucou ! ». Ensuite s’ensuivait, soit une diatribe acerbe contre
l’accusé, soit sur des sujets aussi délirants que sa facture de gaz, le Cheval-melba, le cassoulet toulousain ou bien encore les versions latines.
Il finissait systématiquement et dans un souffle par une autre phrase devenue célèbre : «Donc l'accusé est coupable. Mais son avocat vous en convaincra mieux que
moi ».
Ces textes étaient tellement appréciés du public, qu’on les entend encore
régulièrement à la radio.
On y retrouvait aussi, dans le rôle de l’avocat le satirique Luis Régo, ex charlots (et oui il n’a pas fait que « les bronzés »), alors au sommet de sa carrière. Il se faisait
appeler : « l’avocat le plus bas d’Inter » Vous voyez le jeu de mots ? (Sinon, voir l’article de Muriel sur l’abolition de la peine de mort… lol )
Ses plaidoiries de la défense restent dans les mémoires et dans « rires et chansons » aussi (une radio française pour les ceux qui ne connaissent pas). Elles étaient souvent très
décalées, voir complètement hors sujet. Par exemple : Sur la cuisine, le bricolage ou autres (la fameuse « journée d’un fasciste » est une des plus célèbre). A chaque
fois, il débutait son texte par la défense de l’accusé et partait ensuite dans des délires loufoques hilarants, pour retomber sur ses pattes d’avocat par une circonvolution d’esprit. Il fallait
le suivre….
L’accusé arrivait, s’asseyait, était accueilli froidement par le
président, puis enfin subissait la vindicte des protagonistes pour notre plus grande joie. Exercice de stoïcisme pour les candidats, ou leur
sens de l’humour était très largement éprouvé.
On a vu à cette place de nombreuses célébrités comme : Roger Carrel, Dorothée, Léon Zitrone, Robert Lamoureux, Robert Charlebois, Daniel Cohn-Bendit,
Pierre Troisgros, PPDA, et moult hommes politiques de tous bords...
Ils ratissaient très large et traitaient tous les futurs condamnés sur un même pied d’égalité : à l’acide de l’humour très vache :) Ils se moquaient
de tout et de tous. C’est d’ailleurs cela qui déplaisait le plus à leurs détracteurs.
Lorsque l’émission pris fin après presque trois ans, certains se réjouirent, mais la plupart des gens le regrettèrent. Les bons penseurs eurent une fois de plus le dessus sur le fou du
roi… :)Toutefois, on peu toujours trouver ces prêches hilarants sur CD ou DVD :)
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