Dans les années 80, le virus de la conquête des étoiles a également touché la France
... Retrouvez l'histoire des deux pionniers de l'aventure spatiale française, Messieurs Patrick Baudry et Jean-Loup Chrétien, les premiers français à avoir voyagé dans l'Espace ! [Consulter ce Dossier !]
Devant la sollicitation d’un membre éminent de notre belle communauté, je viens vous
proposer un sujet dont il sera difficile de faire le tour tant il est dense. Je vais toutefois essayer de relever le défi parce que c’est un sujet qui me tient particulièrement à cœur.
Il s’agit en effet de vous parler des synthétiseurs, dont on sait combien ils ont marqué notre génération, bien qu’étant apparus –pour les premiers- bien avant notre décennie de prédilection.
Je pense ne pas faire erreur en disant que pas un de nos
artistes favoris de l’époque, et même encore aujourd’hui n’a su, ou ne sait s’en passer totalement. De même pas une musique d’un générique de nos
dessins animés préférés n’y a pas fait appel. On peut comparer ce phénomène à celui lié à l’apparition des guitares électriques des années 55-60.
En outre, sans crainte d’aller trop loin, j’irai même jusqu’à affirmer que
la créativité musicale que l’on souligne régulièrement à l’écoute des musiques des années 70 /80 est en grande partie due à l’émergence des synthés. Un outil nouveau, des sons jusqu’alors jamais
entendus, les artistes se retrouvaient tels des enfants devant un « jouet » révolutionnaire (et souvent hors de prix) et un besoin d’expérimentations nouvelles, et l’auditeur quant à lui était curieux d’écouter des sonorités jusqu’alors inconnues.
Le synthétiseur était finalement à la musique, ce que la console vidéo a été quasi simultanément pour le jouet : Un instrument révolutionnaire qui permettait à son utilisateur de dépasser des limites jusqu’alors infranchissables voire tout simplement inconcevables. Un appareil souvent addictif, source de création, et d’évasion… tout comme la console.
D’un point de vue historique, des expérimentations plus ou moins farfelues ont été réalisées avec les réseaux téléphoniques dés 1874. Toutefois l’usage des procédés alors testés était extrêmement limité, et si l’on peut penser qu’ils
ont « fécondé » la synthèse sonore, on peut considérer que le premier synthétiseur de l’histoire remonte à 1917.
C’est le russe Lev Teremin qui cette année invente le Theremin. Il s’agit d’un instrument, assez particulier qui ne comporte pas de clavier, mais qui est doté de deux antennes qui sont sensibles à la position des mains et au rayonnement électromagnétique de celles-ci. Pour faire dans le détail, une main permet de « piloter » la hauteur du son, tandis que l’autre permet de gérer le volume. Ce sont deux oscillateurs travaillant à très hautes fréquences qui produisent le son.
Cet instrument demeure peu courant mais est encore utilisé, et même construit à l’heure actuelle. C’est lui qui produit les "chœurs" dans le morceau Good Vibrations de Brian Wilson (Beach Boys).
L’utilisation « régulière » des synthétiseurs a débuté à la toute fin des années 60, avec
le Minimoog , du nom de son inventeur Robert Moog. Il s’agissait de synthétiseurs analogiques en opposition aux synthés numériques actuels (j’y reviendrais).
Le Minimoog était alors reconnaissable grâce à ses sons chauds et puissants et ses filtres extraordinaires qui permettaient de faire muter le son
pendant le jeu. Wendy Carlos, Tomita, The Beatles, et plus récemment Massive Attack l’ont largement utilisé.
Dans le même temps le VCS3 (pour Voltage Controlled Synthesizer with 3
oscillators) a fait son apparition. Là encore une version sans clavier a d’abord vu le jour. Il s’agissait d’un petit appareil muni d’une matrice telle que celle que l’on connaît dans les jeux de
batailles navales, et d’un joystick.
Le changement de positions des plots sur la matrice permettait de modifier la connexion des modules entre eux, et le mouvement du joystick modifiait
le son. Ce synthé permettait de créer des effets sonores et autres bruitages. On entend ces sons, entre autres dans les albums Dark Side of the Moon
de Pink Floyd, et sur l’album Oxygene de Jean Michel Jarre.
Pour info, le prix moyen de ce synthé mythique est de l’ordre de 5000€ sur le marché de l’occasion. Une firme britannique a tenté de relancer sa commercialisation, mais les composants n’étaient plus les mêmes, et le son s’en est trouvé affecté, du coup les ventes ont été bloquées…
Le début des années 70 a été très prolifique avec l’arrivée sur le devant de la scène du premier
échantillonneur : le Mellotron.
Un échantillonneur est un instrument qui permet d’enregistrer des sons existants et de les reproduire à la demande grâce aux touches du clavier, et éventuellement de les modifier.
Le Mellotron qui en fait datait des années 60 fonctionnait avec des bandes magnétiques qui étaient lues dés lors que l’une des touches du clavier était enfoncée. La durée de lecture de la bande
était, au maximum, de huit secondes.
Lorsque la touche était relâchée, un ingénieux système ramenait très rapidement la bande à sa position initiale. Le principe des bandes magnétiques avait pour avantage de pouvoir appliquer un son
différent par touche.
La listes des artistes ayant utilisé le Mellotron est assez impressionnante, avec pêle-mêle les Rolling Stones, les Beatles, Pink Floyd, JM Jarre, M. Polnareff, Led Zeppelin, OMD, Genesis, et j’en passe…
Aujourd’hui encore, le Mellotron est toujours utilisé par quelques inconditionnels tels que Oasis, Radiohead, Louis Bertignac, et d’autres…
Depeche Mode, groupe 80 par excellence est passé maître dans l’art de l’échantillonnage. C’est pour ainsi dire leur marque de fabrique. Toutefois, d’autres formations les ont précédés telles que OMD, eux aussi fervents utilisateurs d’outils électroniques. L’échantillonnage ou sampling permet de reproduire des échantillons de son réels, allant de sons d’instruments acoustiques à n’importe quel son que l’on pourrait entendre (animaux, véhicule, voix, etc.). Le son, une fois enregistré peut être restitué à loisir, et même modifié. Parmi les samplers numériques, le Fairlight, et l’un des plus connus et luxueux. L’édition des sons se faisait à l’aide d’un écran et d’un stylet qui permettaient de travailler directement sur l’onde sonore.
Toutefois, dans le monde merveilleux de la synthé sonore, et jusqu’au tout début des années 80 plusieurs
problèmes se posaient aux musiciens qui utilisaient des synthétiseurs. Certains modèles étaient peu fiables, voire même limite dangereux, avec pour certains un risque d’incendie car ils
chauffaient beaucoup. D’autres avaient tendance à avoir des réglages qui ne « tenaient » pas sur la durée. Ainsi le son se modifiait de lui même sans que l’utilisateur l’ait
souhaité.
Autre problème de taille : l’encombrement de certaines machines. Ainsi la compagnie britannique EMS à conçut le synthi 100 qui regroupait plusieurs synthés en 1, un séquenceur
numérique, des reverbs, ainsi qu’un vocoder et une table de mixage. Peu de personnes ont eu les moyens d’en acquérir, le premier problème étant lié à l’encombrement de la « chose ». En
général, EMS venait et montait le synthé dans une pièce spécialement étudiée pour le recevoir. Impossible ensuite de le démonter en vue d’un éventuel déménagement… le second problème était, vous
vous en doutez, d’ordre financier. Finalement, il n’y a guère que les laboratoires de recherches musicales qui en ont acqui.
Enfin, un autre problème se posait quant au manque de mémoire que comprenaient alors ces appareils. En effet, lorsque le musicien avait obtenu le son souhaité il lui était parfois impossible de
le stocker, ou alors dans des conditions limitées (pas plus d’une dizaine de sons pour certaines machines…) Dans le meilleur des cas, il ne lui restait qu’à retranscrire patiemment sur un bout de
papier chacun des réglages, et de les réappliquer en cas de besoin… c’était long et fastidieux, et puis sans compter que les synthés de cette époque étaient capricieux et refusaient parfois de
répondre deux fois de la même manière avec pourtant, un réglage identique. Dans une performance live ceci était un véritable handicap. Du coup, il n’était pas rare de voir sur scène plusieurs
synthés identiques avec pour chacun un paramétrage spécifique pour tel ou tel son.
Bref, les musiciens de cette époque travaillaient avec de véritables usines à gaz et les « prises de tête » étaient monnaie courante. C’était le prix à payer pour utiliser les synthés analogiques.
Mais au fait qu’est-ce qu’un synthé analogique au contraire d’un synthé numérique ?
La différence, bien que fondamentale, est finalement assez simple à saisir : Pour un instrument analogique il s'agit de synthétiseurs basés uniquement sur des composants
électroniques dits « analogiques » tels que des transistors, des diodes, des condensateurs, des résistances etc. Dans les années 70 à 80 on ne connaissait pas autre chose (en tout cas
dans le domaine des synthés et de la musique en général).
Les signaux envoyés ne sont que des tensions électriques et ce sont les variations de tension le plus souvent entre 0 et 5 Volts qui génèrent finalement un son. Une variation de cette tension
modifie le signal, et affecte donc la stabilité et les caractéristiques du son.
C'est le principal inconvénient de ces synthétiseurs pour lesquels les conditions externes (température, humidité...) ont un impact sur les composants électroniques et la stabilité des signaux ;
il est donc nécessaire de les accorder régulièrement.
Malgré ces inconvénients, beaucoup de musiciens apprécient de travailler avec les synthés analogiques parce que finalement ce sont eux qui, de par leur défauts, se rapprochent le plus des instruments acoustiques.
Les synthés numériques, apparus par la suite
fonctionnent différemment. Ils ont vu le jour au début des années 80 et sont basés sur les technologies que l'on retrouve maintenant partout (microprocesseurs, mémoires RAM, ROM...) et nées avec
le développement de la micro-informatique sur la même période.
Comme tout système électronique, l'information reste basée sur des signaux électriques mais la différence est que ce n'est plus directement le signal électrique qui est utilisé ; en fait,
numérique signifie que le signal est codé en une suite de 0 et de 1 (c'est ce qu'on appel le code binaire), 0 correspondant à une tension de 0 volt et 1 correspondant par exemple à une tension de
5 volts. C'est cette "suite de 0 et de 1" qui correspond au signal.
L’avantage des synthés numériques c’est que l'instabilité de la tension électrique n'est plus un handicap. Car même si on a 0,5 volt au lieu de 0 volt, le système considère que cela correspond au
code binaire 0. De la même façon, si on a 4,5 volts au lieu de 5 volts, le système va considérer que cela correspond au code binaire 1.Donc, les faibles variations de la tension électrique
n'affectent finalement pas le code numérique correspondant à une suite de 0 et de 1. Le signal n'est plus affecté par les conditions externes et reste stable dans le
temps.
Si on effectue les mêmes réglages à plusieurs jours d'intervalle, on aura exactement le même son ce qui n’est pas le cas avec les appareils analogiques.
Par conséquent, l’arrivée du numérique a permis de résoudre de nombreux problèmes : encombrement réduit, mémoire plus importante… et communication des instruments les uns
avec les autres avec l’apparition de la norme « MIDI » pour Musical Instrument Digital Interface. Ainsi, il est possible de jouer depuis un synthé les sons d’un autre synthé qui lui est
relié, ou bien il est possible de relier un synthé à un ordinateur, ou une batterie électronique, etc.
Le synthé qui a marqué cette génération est sans aucun doute le Yamaha DX7
qui a vu le jour en 1983. Avec plus de 180 000 exemplaires fabriqués il était partout, tant dans les clips que sur scène. Il utilisait une technologie à modulation de fréquence, qui lui
permettait d’imiter à merveille (pour l’époque) des sons d’instruments acoustiques.
Aujourd’hui encore de nouvelles déclinaisons sont produites. Le gros inconvénient de ces synthés, c’est qu’ils visaient pour la plupart à reproduire des sons existants, et non plus des sons issus
de l’imagination du musicien. L’avantage, c’est qu’avec un seul clavier, il devenait possible de remplacer tout un orchestre… à moindre coût !
Autre problème : le caractère trop mathématique, voir informatique de ces appareils qui les rendaient moins ergonomiques que leurs ancêtres. En effet, tandis que pour modifier un son sur un
clavier analogique il suffisait d’appuyer sur l’un des multiples boutons, ou de tourner l’un des nombreux potentiomètres, avec les synthés numériques, il faut passer par des menus, des sous
menus, et des arborescences multiples accessibles via quelques boutons, et un écran de contrôle, chosequi finalement rendaient les synthés numériques moins « sensuels » que leurs aînés
analogiques.
Après de longues années, et de nombreuses sorties de modèles à l’utilisation peu pratique, les fabricants ont enfin compris que tout en gardant la fiabilité numérique, il fallait retrouver
l’agrément qu’apportait l’analogique. Ainsi en 1991 sont réapparus des claviers contrôlables en temps réel avec de nouveaux panneaux de commandes évolués et de type
analogique.
Aujourd’hui, avec l’avènement de la techno, les musiciens
recherchent de nouveau la chaleur sonore de l’analogique. Certains de ces anciens claviers se vendent même à prix d’or sur le marché de l’occasion . Mais des éditeurs informatiques ont
trouvé une solution bien plus économique et nettement plus radicale consistant à modéliser les synthétiseurs sous forme logicielle.
Ainsi, aujourd’hui on trouve sur le marché, et depuis de nombreuses années déjà, des synthétiseurs virtuels qu’il suffit d’installer sur son ordinateur et que l’on peut « piloter » soit
à l’aide d’un clavier de commande, ou bien à la souris, ou bien même directement via le clavier de l’ordinateur. De cette manière et pour un coût relativement modéré, le musicien lambda peut
jouer sur des modélisations d’instruments mythiques tels que les Moog. En conséquence, les anciens synthés qui ont eu leurs heures de gloire dans le milieu des années 70 retrouvent-ils de la voix
à travers un « simple » logiciel…
Enfin, Il est aussi possible de faire du sampling directement sur l’ordinateur, et même, à condition d’avoir du bon matériel, de produire un Cd complet sur son PC ou son
Mac.
Mieux qu'Amazon ou Copains d'Avant ... Le Minitel, bien sûr ! Le commun des mortels pense souvent
qu'Internet a inventé tout un tas de concepts révolutionnaires ... s'il savait qu'il y a 23 ans, une vieille boîte en plastique permettait de rencontrer des gens, de retrouver sa famille ou de
commander des livres !!
En effet, le jeudi 19 septembre 1985, Monsieur Laurent Cotteret a fêté son dix-millième client. Laurent Qui ? Ce monsieur n'est autre que le premier français à avoir créé la première cyberlibrairie, ou plutôt une télélibrairie informatisée, comme il l'appelait à l'époque. Son credo : grâce à Lolo et ses 260 000 titres dans sa besace, plus besoin de se déplacer ... il suffit de pianoter sur son minitel « à n'importe quelle heure du jour ou de la nuit » (!!!!!!) le titre de l'ouvrage et son auteur : il sera expédié en 48 heures.
En revanche, rien ne dit comment s'effectuait le règlement.
Peut-être que le 36 15 Paypal existait déjà ... ;-)
Dans un registre plus émouvant, comment ne pas verser sa petite larmichette à l'écoute de l'histoire
poignante de Léon et Louis Ovig, deux frères octogénaires séparés à la naissance et placés à l'Assistance Publique. Même dans Rémi Sans Famille, on n’avait pas envisagé si triste destinée ...
Mais Rémi, lui, n'avait pas de boîte en plastique !! Alors que Louis, il avait son Minitel ! En voulant tester le matos, Louis a tapé son nom de famille, et v'la-t-y pas que le coquin se découvre
un frérot. Et vous connaissez pas la meilleure ? Léon habitait à une dizaine de kilomètres de Louis, dans l'Ain !!! Les retrouvailles eurent lieu le lundi 28 octobre 1985. Vous pouvez les voir
ci-contre poser tous deux fièrement avec le divin engin. L'histoire ne dit pas qui en a eu la garde ...
Enfin, Picorette sur le gâteau, vous êtes j’en suis sûr nombreux à penser qu’un Minitel, OK, c’est
pas mal, mais c’est encombrant. Et bien entendu, bougres de petits naïfs que vous êtes, vous pensez que les écrans plats datent d’il y a quelques années à peine, avec l’arrivée des Plasmas z’et
LCDs … Et bien détrompez-vous ! A Lannion, en Bretagne, pas plus tard que le dimanche 9 mars 1986 fut conçu le Minitel à écran plat, avec je cite (argument commercial de la mort) «
80 000 transistors activant des cristaux lumineux, pas de tube cathodique, un encombrement divisé par 3,
un meilleur contraste, un meilleur angle de vision, une absence de scintillement, et surtout
une possibilité de quadrichromie ! » Parfaitement !
Alors, c'est décidé, on lâche nos ordis et on revient au Minitel ??? ;-)
Ces anecdotes sont
authentiques, et sont tirées du Grand Livre de la Chance de Patrick Sabatier, édition 1987.
C'est à la société Philips que nous devons cette fameuse cassette. Apparue en
1961, cette cassette comprend 2 bobines sur lesquelles est enroulée une bande magnétique permettant la lecture et l'enregistrement de nos musiques
préférées. Cette cassette avait déjà connue un joli succès avant 1979, mais avec l'arrivé du walkman de Sony, l'ascension fût
fulgurante.
Au niveau de la qualité sonore, la cassette audio avait pas mal de soucis dû notamment à une vitesse de défilement de la bande assez faible (4,75 cm par
seconde) On pouvait trouver alors sur certaine platine ou walkman une fonction de réduction de bruit de fond qui permettait d'atténuer l'effet de souffle et d'augmenter la dynamique audio, en
général une fonction Dolby.
informatique sur les premiers ordinateurs) au domaine professionnel avec
notamment les cassettes DAT (Digital Audio Tape) Qui servent encore aujourd'hui pour certains 'Masters' en studio. Les
années passent et la technologie avance ...
Inventé conjointement entre Philipps, Sony et Hitachi en 1979, le principe de fonctionnement repose sur un faisceau laser qui
vient frapper le disque en mouvement, ce qui provoque des
variations au niveaux de la surface du disque. Un capteur enregistre le signal binaire reçu et le converti en signal audio analogique afin que des enceintes puissent restituer le
son.
Dés l'année 83, un
catalogue de 1000 titres était disponible à la vente (Principalement de la musique classique).
En route ! Chaussez votre casque, votre kit Polini et
votre carbu de 15 et repartez à la découverte de ce fabuleux engin de notre adolescence. La 103 Peugeot, son histoire, sa carrosserie, son moteur, ses grandes chevauchées sauvages pour rejoindre
sa dulcinée ... tout est là !! [Lire l'article]
Un peu de haute technologie aujourd’hui. Et même très haute puisqu’on va
parler espace.C’est une longue, belle et tragique histoire, celle de la navette spatiale, appelée Space Shuttle au pays de l’oncle
Sam.
Bien que son premier vol ait eu lieu le 12 avril 1981 grâce à Columbia, sa genèse remonte au début des années 70, juste après la fin du programme Apollo qui emmena l’homme sur la lune. Le coût Apollo ayant été pharaonique, il fut décidé par Nixon en 1972 de développer un moyen moins coûteux permettant de conserver une présence humaine américaine dans l’espace et de lancer vers 1990 une station spatiale.
De là vint l’idée d’un engin réutilisable permettant à terme de construire et d’alimenter cette future station.Mais ce ne serait pas là sa seule mission. Il mettrait aussi des satellites en orbite, servirait à en récupérer pour les réparer et réaliserait toutes sortes d’études sur des insectes, des alliages de métaux et sur le corps humain.
C’est ainsi que naquit la navette spatiale, conçue pour effectuer une centaine de vols. Chaque navette a un coût unitaire d’un milliard de dollars et le
projet a coûté plus de 30 milliards de dollars de 1972 à 1981, année du lancement de la première navette.
Pas mois de sept navettes furent réalisées par la North American qui est maintenant propriété de Boeing:
Enterprise (1976) navette expérimentale n’ayant jamais été mise en orbite / Pathfinder (1977) conçue pour des essais au sol / Columbia (1981) première à connaître
l’espace et détruite lors de son retour sur terre le 1er février 2003 suite à l’endommagement de son bouclier thermique / Challenger (1982), qui explosa quelques instants après son décollage le 28 janvier 1986 suite à la rupture d’un joint de booster, point faible bien connu et volontairement
ignoré par la NASA et qui faillit causer d’autres catastrophes, comme la commission d’enquête le montrera après l’accident de Challenger / Discovery (1983), toujours en service / Atlantis (1985), toujours en service / Endeavour (1991) construite pour remplacer Challenger et toujours en service.
Quelques données techniques (un peu
mais pas trop..) : 37m de long, 24m d’envergure et 17m de hauteur, pesant 68T à vide et 109T au décollage. Ses trois moteurs principaux lui permettent d’emporter sept membres d’équipage et
une charge de 30T à une altitude variant entre 185 et 1000km et à une vitesse de 28000km/h.
Pour le décollage, elle est assistée par deux boosters à poudre de 45m de haut. Le gros «bidon » sur lequel est fixée la navette n’est autre qu’un réservoir de 2 millions de litres d’un mélange d’oxygène et d’hydrogène liquides alimentant ses trois moteurs en phase de ascensionnelle.
Pour son retour sur terre, elle est équipée d’un bouclier thermique de plus de 30000 tuiles lui permettant de résister à des températures variant de 1000 à 2300°C provoquées par les
frottements de l’air lors de sa rentrée dans l’atmosphère Ces frottements permettent de ramener sa vitesse de 28000km/h à environ 400km/h, vitesse
d’atterrissage. Le retour se fait en vol plané et l’atterrissage sur un lac pétrifié long de plusieurs kilomètres.Pour ses déplacements entre
les aires d’atterrissage et de décollage, elle est transportée sur le dos d’un Boeing 747 (appelé SCA, Shuttle Carrier Aircraft) spécialement conçu.
Quel avenir pour la navette ? Son arrêt est déjà programmé. Georges Bush ayant annoncé sa volonté de retourner sur la lune puis sur Mars, elle prendra sa retraite vers 2010, une fois la construction de la station achevée et après trente ans de bons et loyaux services. Elle finira sans doute dans l’un ou l’autre musée pour la plus grande joie des petits et des grands.
Pour l’anecdote, la navette eut son clône (russe bien sûr), appelé Bourane, sans doute fruit de l’espionnage industriel régnant du temps de la guerre froide. Ce vaisseau russe n’effectua qu’un seul vol inhabité en 1988 et fut abandonné en 1993, faute de moyens et suite à la situation politique complexe en Russie. Il est cependant à mettre à son crédit un atterrissage entièrement automatique, chose que la navette américaine n’a jamais réalisée car jugée trop risquée.
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