Années 80 : Venez prendre un petit coup de vieux dans notre bienfaisante Communauté ! extraits télé, pages de pub, jouets, sucreries, produits disparus, clips videos, portraits 80's des membres et bien d'autres tonnes de surprises ! ! ! :)
18 Novembre 2008
Certaines personnes, qui ont pourtant débuté leur carrière bien avant que débute notre existence, nous ont cependant marquées. Parmi celles-ci il y a Jean Amadou.
Ecrire un article qui sera lu par des dizaines de personnes demande en théorie de passer outre ses sentiments personnels. Ici je dérogerai à la règle. Ce Monsieur Amadou possède une voix telle qu’elle marque les esprits. Son visage quant à lui possède les mêmes caractéristiques. La moindre photo de cet homme à l’œil pétillant réveille en moi de multiples souvenirs, le plus souvent agréables. Il est dit que la mémoire olfactive est la plus puissante que possède l’homme. Pourtant la vision de ce personnage ravive en moi des images que je croyais même perdues à jamais. Allez savoir pourquoi…
Né en octobre 1929 à Lons-le-Saunier. Son père fonctionnaire et suivant un courant politique axé à gauche, lui a justement donné un goût prononcé pour la politique, et surtout pour ce qui est de la critiquer. C’est d’ailleurs cette critique politique qu’il mènera sur un ton acerbe qui lui servira de tremplin lorsqu’il débutera sa carrière de chansonnier dans les années 60.
Avant d’en arriver là, il a fait des études au lycée Ampère de Lyon. Comédien de formation il aura à son actif un grand nombre d ‘émissions télévisées : « C'est pas Sérieux », « Ce soir on égratigne »... mais c’est surtout sa collaboration avec Stéphane Collaro pour la création du « Bébête Show » qui marquera les esprits.
Parallèlement il animera les matinées d’Europe1 aux côtés de Maryse Gildas durant 7 ans. Aujourd’hui encore de nombreux auditeurs ont en tête sa voix grave et son humour souvent caustique. Il prend plaisir à manier le verbe cherchant parfois d’avantage l’impertinence que la pertinence. Son but ? Réveiller les esprits. De fait, en plus de ses interventions nombreuses dans les médias, il écrira pas moins d’une douzaine d’ouvrages là encore « délicatement » écrit. Ainsi « Il était une mauvaise foi » ou « Heureux les convaincus » Sont devenus des incontournables de la littérature satirique sans oublier le fameux « Journal d'un bouffon ».
Enfin ses apparition au théâtre ont aussi été régulières. Dans « L'Elysée si je mens » qu’il a joué à partir de 1995 et jusqu’à tout récemment, il a retrouvé ses complices des belles années : Jean Roucas, Pierre Douglas, Jacques Mailhot… Il a continué d’y décortiquer l’actualité (le plus souvent politique) avec toujours la même insolence.
Jean Amadou est « de l’ancienne école ». Son vocable des plus riches reste parmi les références du genre. Cette qualité aujourd’hui en voie d’extinction lui a valu de recevoir le Prix Richelieu en 2001. Il s’agit d’un prix subventionné par la Délégation générale à la langue française, qui récompense chaque année depuis 1992 un journaliste de la presse écrite et audiovisuelle qui aura contribué « par la qualité de son propre langage » à défendre la langue française. Jean Amadou est également titulaire de l'Ordre National du Mérite que lui a remis Monsieur Alain Juppé en 2006. Enfin, Jean Amadou a reçu le prix Alphonse Allais pour l’ensemble de son œuvre.
Aujourd’hui encore, à 78 ans, cet homme grand par le talent tout autant que par sa taille (1,94mètre), est régulièrement sur les planches et sur diverses scènes pour le plus grand plaisir du public. Il continue de regarder attentivement le monde et la vie politique... et rien ne dit que dans quelques temps une nouvel ouvrage portant sa signature ne fera pas son apparition.
En dehors de sa vie publique, Jean Amadou demeure très discret. Il apprécie les vieux livres, les bons vins, et les jolies femmes ; et déplore qu'il n'y ait plus assez de pamphlétaires de nos jours... Il est vrai que de ce point de vue les temps ont bien changé…
Jean Amadou en 2006 :