Titre bizarre autant qu'étrange , aussi mystérieux que les cités d'or et
aussi profond qu'un fût de bière vide mais en moins désespérant n'est il pas les copinous ?
En tant que bon franchouillard, je me revendique ouvertement du syndrome Poulidor (type charmant au passage et fort sympathique). Et
oui ce syndrome qui fait préférer aux « winners » le second voir le troisième ... Tenez par exemple en « balle au pied » ( oui j'ai dit franchouillard donc je ne dirais pas
football ), et bien Alain Giresse m'a plus fasciné que Michel Platini.
Et bien pour le cinéma, de la même façon , j'ai toujours cherché du regard les acteurs qui ne sont pas en haut de l'affiche et que
pourtant on identifie tout de suite sans pouvoir forcément se rappeler du nom. Alors, bande de petits sacripans comme dirait notre grande prêtresse, sortez vos cahiers et commençons à réviser
ensemble ! La première leçon est consacrée aux acteurs français.
Replongeons nous dans le monde merveilleux du début des années 80 ... Nous ne sommes pas bien grands, il y a une seule télévision par
famille, pas de télécommandes, c'est papa ou maman qui décide de ce qu'on regarde et à l' époque on ne change pas de chaînes à tout bout de champ. Il n'y a pas de coupures publicitaires et
les films commencent sur la 3 à 20H30 juste après les jeux de 20 heures et sur la 1 ou la 2 à 20H35 après le journal qui dure à peine 25 minutes. Temps béni ou on pouvait comme ça, de temps en
temps et grace a ces horaires de début de films pas trop tardifs, voir quelques fins de films. Il y avait même encore de temps à autres le carré blanc qui nous faisait aussitôt entendre l'ordre
sans contestation possible d'aller au lit ! Pfff saleté de carré va ... Je crois que c'est à cause de lui que je suis plus souvent rond qu'à mon tour. Mais je m'égare comme disait Saint Lazare
donc revenons à nos moutons.
Les films que nous avons donc le droit de voir à cette époque sont surtout des comédies françaises tournées quelques années avant et
les vedettes se nomment De Funès, Belmondo, Pierre Richard, Francis Perrin, Philippe Noiret, Jean Marais et tant d'autres. Mais à coté d'eux, figures incontournables, on trouve toujours un visage
récurrent et connu. Souvent d'ailleurs cantonné au même style de personnage, très souvent le rôle du méchant par exemple.
Pour voir des extraits de ces acteurs, cliquez sur le nom!
Curieusement certains sont devenus non pas célèbres mais
tout du moins connus par la suite pour autre chose que leurs talents d'acteur.
Par exemple, typique:
Paul
Préboist
Il promène sa bouille d'idiot du village dans un nombre de films incalcalculables, son nom est assez connu mais c'est grace à Patrick
Sebastien et ses émissions que l'inconscient collectif l'identifiera à jamais. Et pourtant que d'apparitions ( 120 films officiellement ) , il est difficile d'en sortir quelques unes mais , à mon
goût en tout cas, ses rôles dans Le capitan, Cartouche, Les tribulations d'un chinois en Chine, Le grand restaurant, Jo, Hibernatus, La folie des grandeurs, Les fous du stade, Mon curé chez les
nudistes me resteront longtemps en mémoire. Et puis avec des gens comme ça , il y a toujours des anecdotes un peu folles. Il a toujours affirmé n'avoir jamais eu de relations sexuelles
de sa vie. Savez vous aussi qu'il avait été jockey ? D'ailleurs en regardant bien dans beaucoup de ses films il est très entouré de chevaux et
visiblement à l'aise.
Autre exemple :
Philippe
Castelli
Qui ne se souvient de son leitmotiv aux grosses têtes de Philippe Bouvard sur RTL « Ah , j'ai une histoire » histoire le
plus souvent nullissime mais qui racontée de sa voix trainante identifiable entre mille devenait désopilante ? Il fait partie de ces gens que l'on ne pense avoir vu que déjà âgé de la
cinquantaine. Pourtant avant cet âge il avait déja tourné dans Cartouche, Les tontons flingueurs, Les barbouzes, Landru, dans 2 Fantomas, Borsalino, Ne nous fâchons pas ! Mais la scène marquante
, je pense, c'est l'examinateur du permis de conduire de « Flic ou voyou » ou Belmondo nous gratifie de cascades dans des escaliers, en dérapages ou de prises de sens interdits au
rythme des commentaires lancinants d'un Castelli impassible énumérant les « excès de vitesse, refus de priorité, ... » « Et allez dont » «Ah voila la police et ben on va vous
retirer votre permis avant même que vous l'ayez » et pour finir le «Bon ben vous êtes recalé» dit avec un ton inimitable.
Tiens « Flic ou voyou » en voila un film qui regorge de gueules connues mais dont les noms nous ont échappés :
Georges Géret
et son coté bourru
Michel
Beaune
et ses yeux de cocker dans "le professionnel" et "flic ou voyou" entre autre.
Claude
Brosset
et sa tronche de truand qu'il joua souvent
Michel
Peyrelon
et sa voix lente et désabusée
Charles Gérard
le complice éternel de Bébel
Et celui dont le nom a lui seul fait penser à un gangster, l'incomparable tueur à gage des tontons flingueurs :
Monsieur Venantino Venantini
(j'ai toujours rêvé de m'appeler Golgotho Golgothi, comme ça pète ça ! )
Encore un tiens qu'on oublie injustement comme acteur à cause en particulier de sa capacité phénoménale à créer des voix
:
Roger Carel
Bien sur le doubleur est incroyable mais il a joué tant de personnages au cinéma dans des fims comme Clérambard, Elle cause plus
elle flingue, La gueule de l'autre, On a volé la cuisse de Jupiter, Le coup du parapluie et même L'été meurtrier que oublier cet aspect de sa carrière est fort dommage. Et dire qu'il a failli
être prêtre cet homme la ! Je pense que les sermons à l'église auraient été somptueux !
Cas plus rares : ceux dont le nom dit
bien quelque chose mais quelle est leurs tronches et dans quoi ont ils joués de marquants ?
Paul Le Person
Capable de tout jouer , du comique presque troupier au dramatique, j'ai deux rôles qui me reviennent toujours : le policier qui devient
fou en prenant la déposition de Pierre Richard dans « Les malheurs d'Alfred » et PERRACHE, l'adjoint roublard de Jean Rochefort dans les 2 grands blonds.
Julien Guiomar
Une filmographie à tomber avec Bunuel, De Broca, Rappeneau, Deray ( Jacques pas Odile hein ! ) et des souvenirs fabuleux dans La
moutarde me monte au nez, dans le rôle du mauvais Tricatel dans L'aile ou la cuisse, dans le chef de la police dans Inspecteur la bavure, du chef des résistants dans Papy fait de la résistance et
du ( à nouveau !) chef de la police dans Les ripoux. Très très grand bonhomme !
Michael Lonsdale
Filmographie encore plus ahurissante, voix au phrasé étrange, jouant dans des superproductions incroyables comme Moonraker avec un des
plus beaux rôles de méchants de tous les James Bond ( je suis pas impartial, je sais ) , dans Les chariots de feu ( et sa musique inoubliable de Vangelis ), dans Le nom de la rose ou encore plus
récemment dans Munich de Spielberg et bien figurez vous qu'il restera toujours pour moi le calmissime Professeur Loriebat dans Hibernatus ... J'ai un peu honte mais que voulez vous, j'ai peur de
ne pas être le seul dans ce cas.
Et puis ceux par qui m'ait venue l'idée de cet article que je pourrais prolonger des pages et des pages encore : les « vrais de
vrais », ceux dont on a tous, je dis bien tous, vu le visage mais que seuls quelques uns peuvent nommer. Allez, je gagne 2/3 points pour le paradis car j'en ai bien besoin vu mon retard
actuel en rendant un très grand hommage à Messieurs :
Vernon Dobtcheff
(désolé je n'ai pas trouvé de vidéo de lui mais on le retouve dans cette série célèbre dont voici le générique. Si quelqu'un peu en
trouver une à mettre dans les commentaires, ce serait lui faire hommage)
Une présence immédiate à l'écran, un visage acéré, arrivant a être inquiétant en jouant un valet ouvrant une porte ...
Jacques Dynam
Plus de 100 films dont celui de l'adjoint du Commissaire Juve alias De Funès dans Fantomas, dans
Le grand restaurant et (encore tiens donc !) dans L'été meurtrier.
Jess Hahn
L'Américain de service dans je ne sais combien de films comme Les Barbouzes, l'île Mystérieuse ou Les tribulations d'un chinois en
Chine par exemple.
Mario David
Inoubliable partenaire au sourcil levé et à la bouche pincée impressionant De Funès en jouant le dur.
Bernard Musson
Soyons francs, qui connait son nom ? Et pourtant dans le style présent dans tous les films possibles et imaginables, il se pose la le
gars Bernard avec ses 250 films ! Grand respect à vous Monsieur Musson.
Marco Perrin
Cheveux hirsutes , moustache hérissée, grande gueule un peu faux cul, il
reste pour beaucoup dont pour notre Max le Maire dans La soupe aux choux mais on le retrouve aussi dans Les malheurs d'Alfred, L'affaire Dominici, Les
valseuses, Flic story, Le gendarme et les extra-terrestres, Buffet froid et tant d'autres. Le jour du décès de De Funès il tombe dans le coma et en ressort frappé d'hémiplégie. Depuis il lutte
contre la maladie et aurait un projet de remonter sur scène pour jouer un personnage frappé de cette infirmité, soutenu en cela par son ami Roger Carel ( comme on se retrouve ! ). Bon courage à
vous Monsieur Marco Perrin, si par hasard ces quelques lignes vous arrivent sous les yeux sachez que pleins de gamins nés entre 1965 et 1990 ont votre visage en tête !
Et comment terminer sans citer les 2 plus immenses,
immensissimes même dirais je ?
Plus de 200 films, une carrière débutée en 1934 , ayant tourné jusqu'a sa mort en 1987, à son palmarès des réalisateurs comme
Christian-Jaque, Clouzot, Delannoy, Tourneur, Clément, Melville, Verneuil, Allégret, Guitry, Molinaro, Annaud, Autant-Lara, etc ...pour les plus cinéphiles mais aussi Yves Robert, Michel Audiard,
Georges Lautner, Pierre Richard, Claude Pinoteau, Patrice Leconte, Gérard Oury, Philippe de Broca pour les comédies (et notament premier pistolet aux principes familliaux en acier dans les
tontons flingueurs).
Je ne peux plus dire Monsieur car ce serait trop peu pour lui mais plutôt :
Messire Robert
Dalban.
Comment ressortir 1 ou 2 rôles de tout ce qu'il a fait ? Impossible mais pourtant allez soyons fous : bien sur Jean, le majordome
anglophile des Tontons flingueurs et son virulent « Yes Sir ! » ou « Tiens vous avez sorti le vitriol » dans la fabuleuse scène de la cuite. Mais aussi, pour recoller aux
80's, Serge le serveur complice de Poupette dans les 2 Boums. Merci à vous Sir Robert.
Et pour conclure THE MONUMENT selon moi :
Entre 300 films et 500 films selon les sources et la citation définissant parfaitement le
second rôle : « Ce qui donne le goût au gigot, c'est la pointe d'ail. Et bien nous sommes cette pointe d'ail ! »
Le roi Dominique Zardi
Reconnaissable entre 1000, présent partout, arrivant toujours en dernier au générique à cause de l'ordre alphabétique (quand il apparait au générique d'ailleurs !)
Je ne sais même pas quoi ressortir de sa carrière tellement tout existe dans sa filmographie démente.
Peut être faut il juste citer les immenses réalisateurs qui ont compris tout le parti qu'ils pouvaient tirer de lui : André Hunebelle,
John Huston ( si si ! ), André Cayatte, Claude Chabrol, Becker, Clouzot , Godard, De la Patellière, Autant-Lara, Allégret, Vadim, Malle, Melville,
Mocky .... et je ne suis qu'en 1965 d'une carrière qui dure encore aujourd'hui ! Manquant de mots pour qualifier ce personnage extraordinaire, je vous renvoie vers une page complète et splendide
qui dit tout et bien mieux que moi
(cliquez sur la photo):

Avec Dominique Zardi, la question n'est même plus de savoir dans quoi il a joué mais plutôt au contraire dans quoi il n'a pas joué
!
Voila j'ai été bien long je sais et en plus j'ai du oublier beaucoup beaucoup d'acteurs qui auraient mérités d'être cités mais vraiment
1 million de mercis à toutes « les pointes d'ail » qui ont données tant de goûts à nos soirées télévisuelles d'enfants !
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